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Témoignage d’une cambodgienne au micro de magma

Pour ce premier épisode de MAGMA, Clémence Hacquart tend son micro à Soko Phay.

Née dans le Cambodge des années 70, Soko passe les premières années de sa vie dans un pays ravagé par le régime communiste radical des Khmers Rouges.

Connu comme l’un des pires massacres du XXe siècle, le bilan du génocide Cambodgien s’élève à près de deux millions de morts.

Au moment des premières déportations, la famille Phay parvient à obtenir le statut de réfugié politique et démarre une nouvelle vie en France.

Dans cet épisode, Soko évoque le souvenir de ce pays détruit, elle raconte son exil et son intégration.

Tiraillée entre le devoir de mémoire imposé par un père strict et ses envies de jeune femme parisienne, Soko passe son adolescence à chercher ce qui la définit.

Aujourd’hui maître de conférences en théorie des arts à l’Université Paris 8, c’est dans la recherche et la connaissance que Soko Phay est parvenue à s’accomplir et à trouver du sens dans ce qu’elle a vécu.

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Histoire

Souvenez vous du 7 janvier 1979

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Durée : 2 min 28

Découvrez les différents site d’Angkor : Angkor Thom, Angkor Wat, Baksei Chamkrong, Banteay Srei, Phnom Bakheng, Preah Kô, Ta Prohm

 

Nous sommes le 7 janvier 1979, le jour de l’entrée de l’armée vietnamienne à Phnom-Penh, capitale du Cambodge.

Et donc le jour de l’effondrement pour Pol Pot

Exactement. Le dictateur communiste était au pouvoir depuis 76. Trois ans « seulement », au regard de l’histoire, trois interminables années pour ses millions de victimes dont 1,7 millions de morts !

Comment Pol-Pot avait-il conquis le pouvoir ?

D’une manière assez singulière, il faut bien le dire. Son vrai nom était Saloth Sâr. Pol Pot, c’était son nom de guerre ; on est d’ailleurs bien en peine de percer le mystère de sa signification. En tout cas, ce personnage est né au Cambodge en 1928, à la campagne. Mais pas pour autant au sein d’une famille de paysans pauvres ; sa famille se rangeait plutôt parmi les notables. Sâr décroche une bourse d’études et débarque à Paris en 1949 ! C’est donc chez nous qu’il va faire des études de radioélectricité et surtout, disons-le, s’initier à la politique ! On est à l’époque où le souverain du Cambodge, Norodom Sinahouk, est en train d’évoluer vers l’autoritarisme.

Et c’est à cause de cela que Pol Pot rejoint le parti communiste ?

Son opposition à Sihanouk l’amène en tout cas à se rapprocher du Parti communiste français. Cependant il repart pour le Cambodge dès 1953, bien décidé à prendre le pouvoir. Ce qui ne se réalisera que 20 ans plus tard, lorsque les Khmers rouges entreront dans Phnom-Penh. Au départ, la population les prend pour des libérateurs, mais elle va bientôt déchanter. Les Khmers rouges installent très vite un régime totalitaire, avec à sa tête : Pol Pot. Le pays se referme sur lui-même. Pendant ce temps, la population est rigoureusement décimée : tortures, exécutions, travail forcé, etc. On a parlé d’un « auto-génocide ». Après la libération de la capitale, ce 7 janvier 79, Pol Pot s’enfuit. Il sera arrêté en 97, condamné à la détention perpétuelle avant de mourir l’année suivante. Mais ça, c’est une autre histoire.